La complexité et la variété des offres de gestion flexible ne peuvent plus être appréhendées par les outils de classement traditionnels, ni au regard d’un quelconque benchmark. La communication de ce type de gestion doit donc dépasser le simple inventaire quantitatif, au profit d’une information à la fois plus qualitative et plus qualifiée.
C’est le nouveau Graal de la gestion d’actifs. En ces temps (durablement) volatils et sans tendance claire, les sociétés de gestion ne doivent plus seulement proposer des briques pures, mais adapter leur gestion en permanence aux conditions de marché pour tenir leur promesse de protéger le capital. L’heure est à la gestion flexible. L’objectif ? Désensibiliser les portefeuilles des à-coups de marché en gérant activement les expositions dans le temps. Auparavant réservée aux clients patrimoniaux, la gestion diversifiée flexible s’ouvre désormais aux investisseurs institutionnels, dont certains cherchent à externaliser la composante tactique de leur allocation, imposant en retour de nouveaux standards en matière de communication. Quand les premiers se contentent généralement de porter leurs positions dans le temps sans poser trop de questions, les seconds attendent une transparence et une précision des reportings d’autant plus fortes que la qualité de la gestion et donc, la pérennité de la performance découlent d’éléments intangibles, comme la personnalité même des gérants.
Une nécessité d’autant plus impérieuse que la complexité et la variété des offres de gestion flexible ne peuvent plus être appréhendées par les outils de classement traditionnels, ni au regard d’un quelconque benchmark. Surtout, derrière ce même vocable de gestion flexible se cache une myriade de méthodologies, de partis-pris, de latitudes, d’horizons de gestion, voire de classes d’actifs éligibles. L’hétérogénéité des distributions de performances en témoigne (c’est ce que montre largement l’Observatoire de la Gestion Flexible de Quantalys). Pour apporter la preuve de la qualité d’une méthodologie, pour refléter une différenciation, les sociétés de gestion doivent dès lors être en mesure d’argumenter, d’expliquer les décisions, d’analyser chaque moteur de performance, d’apporter une vision de marché, bref, de communiquer.
Le suivi des performances passées suffisant encore moins qu’avant à emporter une décision d’investissement ou à suivre une position, la communication de ce type de gestion doit donc dépasser le simple inventaire quantitatif, au profit d’une information à la fois plus qualitative et plus qualifiée. C’est désormais le rôle assigné aux reportings, qui doivent adresser au cas par cas la spécificité de chaque fonds flexible, loin des informations génériques construites à l’attention des seuls fonds généralistes.
Emmanuel DELARUE
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